MAIGREUR DES CYCLISTES

Publié le par Velo Presqu'île de Crozon

CYCLISME:

Le peloton mondial est-il vraiment plus maigre que jamais?

Maigreur

Le coureur belge Tom Boonen, le 2 mars 2014, sur Kurne-Bruxelles-Kurne. DIRK WAEM / BELGA / AFP

 

CYCLISME - LE PROFIL PARFOIS RACHITIQUE DE CERTAINS COUREURS 

                INTERPELLE...

 

«Je fais exactement le même poids que quand j’étais coureur». Même à la retraite, David Moncoutié fait figure d’exception. Rangé du peloton depuis deux ans, l’ancien grimpeur de la Cofidis n’a pas pris un gramme: «je n’ai jamais fait de sacrifice sur l’alimentation, je ne m’interdisais pas un petit biscuit. Mais c’est clair, je ne représente pas la majorité», assure le consultant d’Eurosport.

De tout temps, la course au poids a été une préoccupation majeure des cyclistes. Grimper un col avec un début de bidon, «c’est comme si on le montait avec un sac à dos de deux ou trois kilos, on le sent de suite», confirme Moncoutié. Mais de nos jours, même les costauds qui chassent les classiques comme le solide Tom Boonen sont devenus d’une maigreur redoutable. Le Belge aurait fait descendre son taux de masse graisseuse officiellement à 7 %, officieusement à 5 % selon Le Matin, un chiffre «comparable à celui d’un malade du sida en fin de vie».

«Certains sont dans l’excès, avec des régimes draconiens»

Alors que l’indice de masse corporelle (IMC) est considéré comme «normal» pour un homme non-sportif entre 15 % et 20 %, Boonen n’est pas le seul dont le corps rachitique fait tiquer. Même si l’impression visuelle sur quelques photos n’a pas valeur d’étude scientifique globale, «certains sont dans l’excès, avec des régimes draconiens», confirme Moncoutié.

Fred Grappe, le coach performance de l’équipe FDJ, connaît bien le problème. «Il y a des athlètes, je le sais, qui sont dans cette course-là. Ils sont obnubilés par leur poids et ils font des conneries. Si vous êtes trop maigre, ça peut être dangereux, l’équilibre immunitaire ne marche plus bien. Alors ça marche un petit moment, mais les mois qui suivent peuvent être très difficiles, voire l’année qui va suivre.»

«Les gens étaient beaucoup plus affûtés dans les années Bernard Hinault»

Le risque, c’est «le copier-coller: celui qui y arrive est considéré comme le meilleur. Mais on ne peut pas s’approprier le modèle de quelqu’un. Chacun doit trouver son rapport idéal, celui avec lequel on est performant», reprend Grappe. Sans compter l’effet trompeur des chiffres: la mesure de l’IMC, dites des plis cutanés, offre une marge d’erreur de 2 % selon l’identité du technicien et la formule adoptée. La méthode de référence, l’impédancemétrie, se fait en hôpital et est très coûteuse.

 

Malgré tout, le peloton ne serait pas victime d’une espèce d’épidémie d’anorexie. C’est même le plus souvent l’inverse. «Les gens étaient beaucoup plus affûtés dans les années Bernard Hinault, assure Fred Grappe. On avait moins d’athlètes un peu grassouillets, parce que la manière de s’alimenter n’a pas évolué dans le bon sens.» A la FDJ, comme ailleurs, c’est surtout la prise de poids qui pose problème, au point «qu’on a parfois recours à des cours de cuisine pour éduquer les coureurs», explique Fred Grappe. On doute tout de même que la recette de la tartiflette soit au programme.

Publié dans Conseil forme

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