Pluie en vélo
Souvent mis en cause lors de chutes,
l’aquaplaning est un phénomène que nos vélos de route ne rencontrent pourtant presque jamais

L’aquaplaning survient lorsqu’une couche d’eau se place entre le pneu et la route.
Dans ce cas, le pneumatique n’a plus aucune adhérence.
Toutefois, pour que l’eau réussisse à s’infiltrer à cet endroit il faut réunir plusieurs paramètres, au final il faut que le pneu… flotte !
Techniquement, pour qu’il flotte, il faut qu’il ait une grande surface de contact avec l’eau (souvenez-vous de la poussée d’Archimède si cela peut vous aider).
Pour nos machines, c’est rare : nous cherchons toujours à avoir des pneus aussi fins que possibles pour améliorer le rendement. Il est aussi nécessaire d’avoir très peu de poids qui appui sur notre roue pour que l’eau puisse la soulever et se glisser en dessous. Même si notre roue avant n’est jamais très chargée, nous arrivons toujours à des valeurs de pression au cm² importante au regard de la faible section de notre pneumatique. Au final la poussée de l’eau est toujours inférieure à celle de la roue.
Pour favoriser l’aquaplaning, il faut aussi aller vite… très vite ! Il faut aller à des vitesses où l’eau ressemble plus à du béton qu’à un liquide.
En vélo, même en descente rapide, dépasser les 70 km/h n’est pas courant. A cette vitesse, l’eau reste un liquide à moins de rencontrer une baignoire mais ce n’est pas habituel dans nos sorties… Pour bien comprendre ce qu’est l’aquaplaning, il faut se représenter le pneu qui rentre dans une grosse flaque d’eau. Deux grandes vagues jaillissent, une de chaque côté.
En automobile l’aquaplaning apparaît lorsque le pneu ne peut plus évacuer l’eau. Il y a alors trop d’eau face au pneu. Cette eau ne peut s’échapper ni à droite ni à gauche et finit par se glisser sous le pneumatique et lui fait perdre son adhérence. L’automobiliste est obligé de ralentir pour donner du temps au pneu pour évacuer l’eau.
En vélo de route le phénomène est identique. Toutefois, le pneu ayant une surface de contact de 1 cm de large au sol environ n’aura absolument aucune difficulté à faire évacuer l’eau à droite ou à gauche. Ainsi une goutte d’eau au centre de la bande de roulement devra parcourir 5mm pour être évacuée !
Mais à quoi servent donc les stries sur les pneus alors si ce n’est pas pour évacuer l’eau ? Elles ont plusieurs fonctions.
** elles permettent tout d’abord de rassurer l’utilisateur moyen qui fera souvent plus confiance à des pneus avec des crampons qui, dans l’imagerie populaire, agrippent la route.
** elles évacuent ensuite un peu de gras sur la route dans des cas extrêmes lorsque la route et humide après de longues périodes de sécheresse. Toutefois, ces moments sont plutôt rares surtout lorsque l’on mets en évidence la faible puissance de freinage et d’accélération d’un vélo.
Les stries mesurent aussi l’usure du pneu ce qui est très important pour un utilisateur occasionnel. Enfin, les rainures sur le pneu permettent des mouvements de gomme sur la route. La gomme du pneu se déforme et s’étale sur une surface plus importante au sol. Cela augmente un peu l’adhérence mais permet surtout d’utiliser une gomme plus dur et qui devient donc moins sensible aux coupures. Cela améliore par la même occasion l’endurance (à technologie de pneu égal bien sûr).
Pourquoi ça adhère moins alors ? Nous avons déjà tous ressenti que nos pneus adhéraient moins bien lorsqu’il pleuvait. Il existe toujours une épaisseur d’eau résiduelle qu’il est, en effet, impossible d’évacuer. C’est donc à ce moment que la qualité de la gomme rentre en jeu. Il existe différentes qualités de gomme dont les adhérences sur l’eau sont très distinctes. Malheureusement les fabricants communiquent très peu sur les qualités des mélanges sous la pluie. Tout au plus, certains ont bien voulu commercialiser des versions spécifiques… mais nous n’en saurons jamais plus !
Ne parler donc plus d’aquaplaning lors de vos prochaines sorties mais bien de gomme et d’adhérence. Il faut toutefois bien conserver à l’esprit quelques règles élémentaires sous la pluie. L’anticipation est le maître mot et doit être associé à beaucoup de prudence. Les meilleurs pneus pluie du monde ne sauveront jamais un pilote approximatif.
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