GINO BARTALI

Publié le par Velo Presqu'île de Crozon

 

GINO BARTALI, JUSTE PARMI LES NATIONS

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La nouvelle est passée quelque peu inaperçue dans notre pays, pourtant le lundi 23 septembre 2013, l’un des plus grands champions cyclistes de tous les temps, Gino Bartali, a pris une autre dimension en devenant « Un juste parmi les Nations ». Le titre de « Juste parmi les nations » est la plus haute distinction décernée par l’Etat d’Israël à ceux qui ont sauvé, au péril de leur vie, des juifs pendant la seconde guerre mondiale.

Vainqueur de deux Tour de France, de trois Giro, de quatre Milan-San Remo et de troisTours de Lombardie, Gino le Pieux, comme on le surnommait, aurait sans nul doute obtenu un palmarès bien plus prestigieux sans la seconde guerre mondiale qui le contraint à l’inactivité durant ses meilleures années. C’est durant cette longue période que l’immense champion, montra combien il était également un homme de cœur et de courage en risquant sciemment sa vie pour sauver des juifs.

Mobilisé au sein de l’aviation en 1941, Gino Bartali, qui est, depuis longtemps un opposant farouche au régime de Benito Mussolini, déserte en juillet 1943. Arrêté, il est traduit devant un tribunal de guerre après avoir passé 45 jours en prison. La déliquescence du régime fasciste et son prestige de campionissimo lui permettent d’être libéré sous caution. Alors que son pays est sous occupation allemande depuis septembre 1943, Gino Bartali intègre un réseau catholique de sauvetage conduit par le rabbin de Florence, Nathan Cassuto, conjointement avec l'archevêque de Florence, le cardinal Elia Angelo Dalla Costa", lui-même reconnu Juste parmi les nations en 2012.

 « Gino Bartali servait de messager au réseau, dissimulant des documents dans sa bicyclette et les transportant entre les villes, sous le couvert de son entraînement », a expliqué Yad Vachem, le mémorial consacré au souvenir et à l'étude de l'extermination des juifs. Partant de son domicile Florentin, sous prétexte de s’entraîner, il faisait le tour le tour de certains couvents jusqu'à Assise, Gênes ou dans les Abruzzes, parcourant parfois jusqu’à 350 kilomètres dans la journée en cachant dans le cadre de son vélo, des documents imprimés à Assise, qui permettaient de fabriquer de faux papiers d’identité. Il dissimulait ces précieux documents dans son guidon et dans sa tige de selle et il profitait bien évidemment de la popularité immense dont il bénéficiait depuis sa victoire dans le Tour 1938 pour passer les contrôles sans être inquiété. Nombreux furent les carabiniers, qui, trop heureux d’avoir échangé quelques mots avec le campionissimo et d’avoir obtenu de lui un autographe, le laissaient repartir sans penser à autre chose. Avec les Allemands les contrôlés étaient plus compliqués et dangereux, mais il passa toujours au travers des mailles du filet. Gino Bartali a également caché à Florence, durant plusieurs mois, une famille Juive dans un appartement lui appartenant.

 Homme discret, modeste, Gino Bartali ne tirait aucune gloire de ses actes. Il n’a jamais souhaité parlé de ses activités clandestines, déclarant seulement qu’il avait agi guidé uniquement par sa conscience.

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Mort en 2000, Gino Bartali, pas plus que sa famille après son décès, n’a jamais fait de démarches pour faire reconnaître son activité durant la guerre. Sa reconnaissance comme « Juste »  est intervenue grâce à la persévérance et à la mobilisation de la communauté juive d'Italie, en particulier de sa ville de Florence, qui a permis de recueillir des témoignages directs, nécessaires à l’avancement du dossier.

 

Gino Bartali, un immense champion mais surtout un grand Monsieur. 

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